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Nouvelles du Bizardin - octobre 2016

Spécial ronces et orties


par Christiane

1. Les orties, ces plantes mal aimées et très précieuses.

Eh bien on en apprend de belles ! L’ortie serait précieuse dans les jardins ! Nous qui l’arrachons dès qu’elle pointe sa feuille dans nos carrés ! Figurez-vous que dans un jardin naturel, donc au Bizardin, il faut la garder, car elle est une des plantes les plus importantes et utiles au jardinier !

Elle est le refuge de nombreuses petites bêtes, papillons, syrphes, coléoptères et autres insectes qui nourrissent les oiseaux, et elle héberge et nourrit les chenilles de papillons dont le paon du jour, la petite-tortue, le vulcain, le robert-le- diable, la belle-dame, etc…

A propos de l’utilité des insectes dans la nature et au jardin, savez-vous qu’une grande majorité des plantes en Europe (certaines étant indispensables à la survie de l’homme) doivent leur survie et leur production de graines, fruits et légumes aux insectes pollinisateurs ?

L’ortie nous fournit aussi un excellent purin et elle constitue un activateur de compost. Le purin d’ortie est utilisé en prévention des maladies cryptogamiques et en fortifiant des plantes. Très riche en oligo-éléments et minéraux, elle sert de compagne aux arbres fruitiers et aux plantes médicinales. Elle donne force, santé et vigueur aux fleurs et apporte des éléments nutritifs aux petits fruits : nos groseilles et cassis seront plus beaux, plus parfumés, plus nombreux si on les laisse au milieu d’eux.

En insecticide, elle chasse par pulvérisation de son purin dilué les pucerons, la mouche de la carotte et bien d’autres hôtes indésirables de nos plantations.

Et encore : les jeunes feuilles d’ortie peuvent être cuites en soupe et c’est paraît-il très bon ! Soupes et infusions d’orties sont conseillées pour leurs propriétés diurétiques, cicatrisantes et antidiabétiques.

A savoir : les feuilles de plantain (celui aux feuilles rondes, plantago major) écrasées et frottées sur la peau soulagent des piqûres d’orties.

Conclusion et résolution : sans nous laisser envahir, préservons nos orties à certains endroits du jardin, à la « pointe » en particulier après le compost, derrière les petits fruits, et derrière la Butte aux enfants près du gros tas de bois.

Laissons-les pousser jusqu’au mois d’octobre, et nous verrons peut-être s’y développer les chenilles du paon du jour.

N’oublions pas que les jardins AJOnc sont des refuges pour la biodiversité. Voir par exemple :

http://www.jardinageentomologique.fr/article-attirer-lespapillons-dans-votre-jardin-71765992.html

http://www.jardinermalin.fr/fiche/purin-orties.html

…et au printemps, faisons un bon purin d’orties !

2. la ronce, cet envahisseur

Bon, on la tolère parce qu’elle nous donne les mûres, ces fruits délicieux. Mais souvent, on essaie de s’en débarrasser, car elle est dure aux mains et aux mollets à cause de ses épines ; on lui reproche aussi de squatter un peu trop facilement et rapidement nos plantations !

Mais savez-vous qu’elle a un intérêt écologique de premier ordre ?

Ses fleurs sont mellifères et nectarifères. Il paraît que dans le Nord les fleurs de ronce sont une des principales sources de miel de nos campagnes !

De plus elle aussi, comme l’ortie, est la plante hôte de chenilles de nombreux papillons : le paon de nuit, la petite violette, le nacré de la ronce, l’hespérie du faux-buis, etc…

Elle offre un abri à la petite faune : le muscardin, petit rongeur roux, vit souvent dans les ronciers. Bon nombre d’oiseaux se nourrissent de ses fruits, ce qui leur permet d’affronter l’hiver ou leur migration.

La ronce est connue depuis l’Antiquité pour ses vertus médicinales. : tonique, fortifiante, diurétique, elle soigne angines, aphtes, diarrhées… Ses feuilles constituent une excellente infusion* astringente**, souvent substituée au thé autrefois, trop cher ou trop rare.

Au Bizardin, gardons les ronces le long du mur avant la Maravane, derrière l’espace fêtes, mais empêchons l’invasion plus avant chaque année. En effet, la ronce se propage très rapidement par marcottage si on n’y prend pas garde, et elle est ensuite très difficile à arracher. Supprimons avant qu’elles prolifèrent celles qui causent souci, en particulier là où courent les enfants, et là où elles sont gênantes : sur les buttes, celle de l’entrée, la Butte aux enfants, et dans la haie de la clôture du potager.

Ayons l’oeil !

* Le « thé des familles » faisait partie de la tradition autrefois en Europe : composé d’un mélange de plantes telles que feuilles de ronce, de framboisier, de fraisier, menthe poivrée, fleurs de tilleul, serpolet, etc…au gré de l’humeur ou de la saison.

** qui resserre les tissus. La ronce favorise la cicatrisation des plaies.