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Réalisation d’une prairie fleurie


par Namir CHEIKH

La prairie fleurie est une véritable explosion de couleurs, d’odeurs et de bourdonnements variés. Elle est un très bon support aux activités pédagogiques (découverte des fleurs sauvages, des insectes, jeux des couleurs et autres jeux sensoriels...).

Une (petite) prairie dans le jardin et pourquoi ?

Il faut voir le « Jardin naturel » comme une solution parmi d’autres, concrète et peu coûteuse face aux problèmes liés à l’environnement ainsi qu’à la raréfaction des milieux naturels. Chacun d’entre nous a la possibilité d’agir à son niveau afin de donner un coup de pouce à la nature. En effet, qu’il soit à la campagne ou en ville et quelle que soit sa taille, chaque jardin est susceptible de mettre en valeur le patrimoine naturel de la région. Plus un jardin est composé de milieux différents, plus il abritera de la biodiversité (faune & flore) ; à plus forte raison pour une prairie fleurie qui trouve sa place dans un jardin (sous différentes formes : ourlet, mini prairie, etc…).

Les techniques d’aménagement :

Les périodes idéales pour effectuer l’aménagement d’une prairie fleurie s’étalent de mars à juin et de mi-août à septembre. Il est important de choisir un mélange de plantes sauvages d’origine régionale.

Comment s’y prendre ?

— 1/ Adaptez votre prairie à la surface disponible Elle sera rarement aussi grande que celles que l’on trouve en campagne. Il ne s’agit pas de transformer votre jardin en « réserve naturelle » ni en pâturage extensif. Vous pouvez ainsi alterner des bandes de prairies hautes avec des bandes tondues.

— 2/ Une prairie fleurie apprécie plus particulièrement les sols pauvres mais peut s’installer sur tous les terrains. Chaque prairie est intéressante.

— 3/ Tondez votre terrain et exportez les déchets de cette tonte

• Puis, supprimez les cinq premiers centimètres du sol (il s’agit d’arracher le gazon ou la pelouse et l’essentiel de son système racinaire).

• Ensuite, ameublissez le sol à l’aide d’une fourche bêche ou d’une grelinette et passez un coup de râteau ainsi qu’un rouleau à gazon pour tasser.

• Semez à la volée et ratissez légèrement, sans excès.

— 4/ Les graines ne doivent pas être trop recouvertes

• Certaines peuvent être semées en surface, ce n’est pas gênant.

• Enfin, vous pouvez arroser.

Entretien :

La durée de vie d’une prairie est différente selon sa composition. La parcelle de fleurs devra être renouvelée tous les deux à trois ans. La prairie fleurie, quant à elle, a un caractère quasi permanent (selon la longévité des plantes vivaces qui la composent).

En fin de floraison :

• Laisser grainer vos fleurs pendant au moins deux à trois semaines puis faucher et exporter l’herbe coupée.

• Faucher par temps sec et attendre quelques jours avant de ramasser l’herbe et de l’exporter. Vous pouvez utiliser les végétaux coupés comme fourrage, paillage ou pour enrichir le compost.

Attention !!! Si vous laissez sur place le produit de la fauche, il se décomposera et enrichira le sol ; c’est bon pour un gazon mais certainement pas recommandé pour une prairie fleurie ! Un terrain qui est appauvri offre moins de concurrence et donc une plus grande variété de fleurs.

Quand faucher ?

Une prairie fleurie se fauche de fin juin à début juillet afin de favoriser l’installation des plantes à floraison printanière pour l’année suivante, et fin novembre s’il s’agit d’une parcelle de fleurs champêtres.

Diagnostic de l’existant :

Dans un premier temps, il convient de faire un état des lieux du terrain qui est destiné à accueillir la future prairie :

 Le terrain est-il nu ? (ancien potager, terre de remblai, ancien champ, etc.).

 Le terrain est-il couvert d’une végétation herbacée ? (graminées, etc.).

 Le terrain est-il ombragé ? (verger, haie, etc.).

S’agit-il d’un terrain pauvre ou riche en humus et en phosphore ?

En général, on peut faire analyser son sol par des laboratoires spécialisés ou à défaut, en se fiant tout simplement à la couleur de la terre :

 La terre est de couleur foncée (argileuse, limoneux argileuse...) : Par exemple, un ancien potager ou une ancienne prairie, elle contient un fort taux d’humus. Par conséquent, il s’agit d’une terre trop riche pour l’installation d’une prairie fleurie (plus de 3% d’humus). Il convient donc d’appauvrir le sol.

 La terre est plus claire (terre de remblai, limoneuse, sableuse...) : Le sol est pauvre en matière organique (moins de 3% d’humus), il est donc suffisamment pauvre pour l’installation d’une prairie fleurie.

Les coupes successives appauvriront le sol puisque le produit des coupes sera exporté. Cependant, pour accélérer le processus, on peut envisager des méthodes plus radicales (voir le point suivant).

Comment appauvrir le sol ?

Différentes techniques sont envisageables pour appauvrir le sol :

• Étrépage des 20 premiers centimètres de sol.

• Ou apport d’une couche épaisse d’au moins 20 cm de terre pauvre en surface.

• Dilution de la terre existante par un apport de terre pauvre (du sable par exemple) qui est incorporée par fraisage dans le sol.

Compter environ 100 kg de terre par m2.

Préparation du sol :

Avant de travailler la terre, il faut étréper le sol sur une couche de 20 cm environ. Ensuite, de la terre pauvre est ajoutée en surface ou mélangée au sol existant. Un passage au râteau suffit pour préparer le lit du semis.

Comment préparer le sol ?

Il existe différentes techniques :

1. La première consiste à démarrer à partir d’une pelouse rase. Dans ce cas, le milieu est assez riche. Il est alors nécessaire de laisser pousser la pelouse et de réduire les fréquences des tontes à seulement 6 à 7 fois par an pour amaigrir le sol. La première coupe se fera en mars à 4 cm du sol puis les suivantes à 10 cm du sol. Ensuite, il sera nécessaire de passer à un rythme de deux fauches par an. Cette technique nécessite beaucoup de temps.

2. Si le sol est nu au départ, on peut laisser la végétation coloniser le milieu mais cette technique ne sera pas appliquée dans l’immédiat car elle serait perçue par la population comme une négligence. Il faut faire un semis. Pour cela, il est nécessaire de :

— Griffer le sol sur une profondeur maximum de 15 cm.

— Modeler le terrain.

— Semer régulièrement sur toute la surface (densité de 5 à 10g / m2).

— Ratisser légèrement et passer le sol au rouleau.

— Arroser d’une pluie fine sans ruissellement.

Faire une greffe de prairie :

On peut récolter des semences dans la nature, de préférence à proximité du site en cours d’aménagement.

Il faut cependant respecter certaines règles :

• Choisir une station où l’espèce est abondante.

• Ne jamais récolter plus de 10% des semences d’une espèce présente dans une station. Il faut laisser à l’espèce l’occasion de se reproduire !

• Ne jamais prélever de plantes protégées !

• Ne jamais récolter de graines dans des réserves naturelles sans autorisation !

• On peut réaliser des échanges de semences entre amateurs. Celles-ci doivent avoir de préférence une provenance locale.

La durabilité est sans doute la plus grande différence entre une prairie fleurie et une parcelle de fleurs des champs. Cette dernière doit être renouvelée tous les deux ans, la première est de caractère quasi permanent.

Une prairie fleurie se fauche en général, début à fin juin jusqu’à début juillet et fin novembre. Pour une parcelle de fleurs champêtres, seulement fin novembre.

Les techniques d’entretien :

L’entretien de la prairie sera réalisé grâce à la technique du fauchage qui coupe la végétation sans la broyer. On veillera à faucher par portions afin de conserver des zones de refuge pour la faune inféodée à la prairie.

Fréquence et période :

La fréquence et la période de fauche dépendent du type de prairie que l’on veut mettre en place. La prairie printanière doit être fauchée à la fin du printemps (juin) pour favoriser l’installation des plantes printanières, comme la Cardamine des près (Cardamine pratensis) ou encore la Prunelle commune (Prunella vulgaris)... Une deuxième fauche interviendra fin octobre.

L’entretien classique des jardins de fleurs convient, à quelques petits détails près : ne pas traiter aux pesticides, ne pas couper la totalité des fleurs et en laisser grainer au moins une partie, laisser le parterre en place au moins deux ans pour permettre aux bisannuelles de fleurir. La plupart des plantes annuelles qui se ressèmeront sur place, refleuriront facilement l’année suivante, comme la Nigelle ou la Bourrache mais il faut les changer régulièrement de place.

Devenir des produits de fauche :

Le foin résultant du fauchage de la prairie doit être laissé sur place pendant quelques jours pour permettre aux graines de se déposer sur le sol et aux animaux de retrouver un abri. Puis, les produits de fauche devront être exportés pour éviter l’accumulation de la matière organique qui provoque un enrichissement du sol. Les produits de fauche pourront être utilisés comme fourrage ou valorisés par compostage.

La prairie fleurie demande beaucoup moins d’entretien qu’un gazon ras. Elle n’a pas besoin de produits phytosanitaires ni d’engrais (chimiques ou naturels, type crottin ou compost).

Proposition de semis pour les prairies fleuries :

Mélange « Prairies fleuries » (avec graminées)

Composition : Festuca rubra rubra ( Fétuque rouge) /Agrostis tenuis ( Agrotite capillaire) / Poa pratensis (Pâturin des prés) /Lotus corniculatus (Lotier corniculé) / Achillea millefolium (Achillées millefeuilles) /Daucus carota (Carotte sauvage) /Hypericum perforatum (Millepertuis perforé) /-Leucanthemum vulgare (Grande margeurite) /Centaurea thuillieri (Centaurée thuillière/jacée) /Malva moschata (Mauve musquée) /Silene latifolia alba (Compagnon blanc) /Papaver rhoeas (Coquelicot) /Centaurea cyanus (Bleuet des champs) /Chrysanthemum segetum (Chrysanthème des moissons) /Agrostemma githago (Nielle des blés) / Prunella vulgaris (Brunelle) /Anthrisus sylvestri (Cerfeuil sauvage) /Plantago lanceolata (Plantain lancéolé) /Heracleum sphondyleum (Berce) /Tanacetum Vulgare (Tanaisie).

Où se fournir en semences de prairies ?

Pour éviter la pollution génétique, pour la meilleure adaptation des plantes et pour une bonne résilience écologique du milieu, il est recommandé d’utiliser des graines d’origine régionale ou locale et adaptées au sol ; soit en achetant des graines de provenance contrôlée (*Ecosem), soit en les récoltant dans les prairies voisines.

*une bonne adresse : www.ecosem.be