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LA VOIX DU NORD - Edition Lille » Actualité Lille » - mercredi 08.12.2010, 05:12

Quatre dominicains, un projet urbain : le cas Vanhoenacker en réunion publique, ce soir


Au coeur de l’îlot, le jardin communautaire sera conservé quelle que soit la solution retenue.

 ON EN PARLE 

L’îlot Vanhoenacker. En décembre 2009, on suggérait que la requalification de ce coin de Moulins, à l’angle des rues d’Avesnes et de Wattignies, pourrait êtrela plus compliquée des cinq opérations de ce type menées par la mairie. Parce que se mêlent ici, avec une force particulière, les facteurs urbains, humains et sociaux. Ce soir, une réunion publique présente aux habitants le projet définitif... vraiment définitif ? PAR SÉBASTIEN BERGÈS

lille@lavoixdunord.fr

Lors de la précédente réunion publique, les élus avaient sous le bras trois hypothèses de travail. Six mois après, la rencontre de ce soir aurait pu être celle du choix définitif. C’était mal mesurer la circonspection observée par la ville dans le dossier Vanhoenacker. Certes, à 18 h, les élus présenteront bien aux habitants un favori. Cette « solution idéale », dixit l’adjointe au logement Audrey Linkenheld, prévoit la démolition du bâti existant et la reconstruction de logements neufs, en locatif social et en accession à la propriété. Mais les dés ne sont pas jetés. La mairie a une préférence mais ne ferme pas le jeu. Le plan B n’est pas enterré.

Cette alternative, qui avait recueilli de nombreux suffrages en juin, épargne un rang de maisons de la rue de Wattignies, lourdement réhabilitées plutôt qu’abattues. Plus chère, plus complexe, cette option n’a qu’un motif : préserver les murs actuels de la communauté du 28.

Le « 28 » ? Retour à la fin des années 70. Deux frères dominicains cherchent à établir une communauté à Lille. L’un a été aumônier des prisons, l’autre maçon. Ils choisissent Moulins, ses courées délabrées, ses maisons en ruines, son peuple de misère. Philippe Maillard et Michel Froidure s’installent au 28, rue de Wattignies. Trente ans plus tard, elle compte une centaine d’habitués plus ou moins fréquents, ouailles, amis, accidentés de la vie. Et quatre religieux qui, rappelle l’un d’eux, ne demandaient « rien ».

Sauf que le temps a passé. Que la ville juge impérieux de requalifier et de reconstruire cet espace dégradé. Sans taillader pour autant le lien social, promettait hier l’adjoint à la concertation, Walid Hanna. Le lieu n’en manque pas : ici interviennent plusieurs associations, l’Atelier populaire d’urbanisme de Moulins, Paroles d’habitants, les AJOncs (qui conserveront, en toute hypothèse, un jardin communautaire), le DAL... Et puis les dominicains, évidemment. Pas tout à fait des habitants comme les autres. Non pas tant pour ce qu’ils sont que pour ce qu’ils font, souligne Audrey Linkenheld.

« On n’a pas le fétichisme des murs, confiait hier Jean-Pierre Mérimée. Mais la maison est pour nous un outil de travail. » Le prêtre-ouvrier à la retraite, partisan d’une réhabilitation « qui respecte ce qui existe », regrette qu’« au lieu de raccommoder les chaussettes, on les jette et on en rachète ». S’il ne mâche pas ses mots, l’ecclésiastique sait aussi pondérer son jugement. Et reconnaître des vertus à la municipalité. « Il n’y a pas eu de forcing, estime Jean-Pierre Mérimée. Nous ne voulons pas d’une solution sur mesure pour la communauté du 28, tandis que les autres se débrouilleraient. L’important, pour nous, est que chacun y trouve son compte, et la mairie s’y est engagée. Il y a quelques jours, elle nous a fait visiter une maison qui pourrait ressembler à celle-ci. » Utile, quelle que soit la solution retenue. On voit mal une réhabilitation totale du 28 menée à bien sans déménagement, au moins temporaire, des dominicains. • Ce soir, à 18 h en mairie de quartier, 215, rue d’Arras.

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