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NORD ECLAIR Lille Moulins Édition du 24 juin 2010

Vanhoenacker : un projet sort du lot


{Dans la 1re hypothèse, qui a recueilli une majorité de suffrages, une partie de l’habitat actuel de l’îlot serait conservée, représentée en rouge en haut à droite ci-dessous. Photo Né / visuel P. Bernard, P. Thomas }

La concertation sur la requalification de plusieurs sites se poursuit. Mardi soir, une réunion publique sur l’îlot Vanhoenacker a permis aux habitants de découvrir trois hypothèses. L’une a séduit, mais aucune décision n’est prise.

MARIE TRANCHANT > lille@nordeclair.fr

Ils avaient promis de consulter les principaux intéressés à chaque étape du projet. Quitte à essuyer des critiques, quitte à voir le projet le plus coûteux obtenir les faveurs du public présent. Ici, ont promis les élus, la concertation sera exemplaire. Parce que le sujet est sensible. Plusieurs sites sont concernés, et mardi soir, les habitants de l’îlot Vanhoenacker, à Moulins, ont assisté à la deuxième réunion publique sur cette requalification que beaucoup redoutent.

Pour résumer, on va détruire - tout ou une partie - pour mieux reconstruire. Entre les rues d’Avesnes et de Wattignies, la convention Anru sur l’habitat ancien va permettre de requalifier. La réunion de mardi avait pour objet de présenter trois projets, à découvrir, critiquer, peaufiner. Car rien n’est acté, le chemin qui permettra au secteur d’avoir un nouveau visage est encore long : « Avant 2012, il n’y aura rien de concret en terme de chantier » , précise Audrey Linkenheld, adjointe à la politique du logement.

Un projet de mixité

Des trois projets, le premier a recueilli la plupart des suffrages. De la part des associations, qui avaient été consultées en amont, d’abord : la Communauté dominicaine dite "du 28", les Ajoncs qui cultivent sur le secteur un jardin communautaire. De la part, aussi, des habitants, venus mardi soir. Car contrairement aux deux autres hypothèses, la première propose de conserver une partie de l’habitat actuel. Les trois projets offrent aussi des constructions neuves, maisons individuelles ou petits collectifs, avec une volonté de mixité - logement social, accession à la propriété... Dans les trois idées, une place est réservée au jardin communautaire, mais aussi à d’autres espaces verts : jardins privatifs ou espace partagé. Un parking pourrait également être creusé pour les futurs habitants du secteur. Quand au nombre de logements, il varie de 46 à 61 selon les projets. Chacun a été pensé par les urbanistes et paysagistes au coeur du quartier, entre la place du Carnaval, la résidence Partenord de la rue Lamartine, la place Vanhoenacker, et le jardin des Olieux. Au terme de la présentation, pas d’indignation, pas non plus d’enthousiasme débordant, mais des questions. Combien de places de parking par logement ? Les matériaux des constructions neuves seront-ils de qualité ? Quid des délais ? Et puis, quelques cris du coeur aussi. À un observateur qui remarque que si on garde quelques maisons, elles seront beaucoup plus basses que l’ensemble des immeubles des alentours, une jeune femme rétorque : « Qu’est-ce qui est le plus important, l’esthétique générale ou les personnes ? »

De l’entraide au quotidien

Et c’est bien là le noeud du problème. Ici comme à la Cité Lys - à propos de laquelle une réunion publique est prévue aujourd’hui -, certains ne veulent pas quitter leur logement. Comme Fabienne, 55 ans, et depuis trente ans ici. Dans les trois projets, sa maison sera rasée. Elle évoque la difficulté qu’elle aura à contracter un prêt pour acheter à nouveau, elle parle aussi de ses bonnes relations de voisinage, de l’entraide au quotidien. Maintenant, la décision revient aux élus. Mais ils promettent que les projets ne sont pas définitifs, que rien n’est encore signé. « Les trois présentations sont intéressantes, conclut le premier adjoint Pierre de Saintignon. C’est une lecture du quartier pas désincarnée. » Et de plaisanter sur le passage obligé par son bureau d’adjoint aux finances pour « sortir un budget supplémentaire ». Car la première hypothèse est la plus coûteuse. C’est aussi la plus appréciée, et les élus disent l’avoir entendu.w Réunion publique sur la Cité Lys, ce soir à 18 h 30, en mairie de quartier de Fives.

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