accueil | Plan du site | Agenda | Grands évènements | Liens | Espace adhérent

Accueil > Les Jardins > VILLENEUVE D’ASCQ : Jardin du Poteau rose > Le Jardin dans les médias

Articles

NORD ECLAIR - VILLENEUVE D ASCQ / POTEAU ROSE - Publié le mercredi 28 janvier 2009 à 06h00

L’art de cultiver « le lien social »


Érika et Malek sont désormais à la tête de l’association du jardin du Poteau Rose.

Le jardin communautaire du « Poteau rose », avenue du Pont de Bois, fête ses deux années d’existence. Bilan : si une vingtaine de familles s’activent dans les parcelles, le plus important n’est pas de récolter mais de créer avant tout du lien entre les habitants.

MORAD BELKADI > morad.belkadi@nordeclair.fr

Inutile de chercher un poteau rose, il n’y en a pas. « Enfin si, rétorque Érika Vaury, la présidente de l’association du jardin communautaire, c’est juste qu’au bout de deux ans, il a beaucoup perdu de sa couleur. » En effet, ce grand bambou, récupéré lors des festivités de Lille 2004 et qui trône en plein milieu du jardin, a vu ses couches de peinture rose bonbon disparaître au fil du temps. « Les conditions climatiques... » s’excuse Érika. Il faut dire qu’il n’y a pas vraiment d’abri dans ce jardin en plein air de 1 200 m², situé à mi-chemin entre les quartiers du Pont de Bois et de Flers-Bourg.

Cet emplacement est « la force première de ce potager », selon Malek Boudjemaa, son vice-président. « Ce sont deux quartiers qui sont radicalement différents. L’un est fait de banlieues résidentielles, avec de grandes maisons. L’autre ne comporte pratiquement que des grandes barres d’immeubles. Alors c’est bien que les habitants des deux secteurs se rencontrent ici. » La création de « lien social » constitue l’un des chevaux de bataille des « jardiniers en chef » depuis le début.

« Tout au long de ces deux ans, c’est ce que nous avons voulu faire. Alors, vingt familles membres, ce n’est pas énorme, mais ce sont d’agréables moments passés ensemble. » Et la présidente de citer les longues après-midi à cultiver au soleil, et « les dimanches matins où l’on se réunit ensemble autour d’un café à discuter et rigoler. On rompt de plus en plus l’isolement ». Dans ce jardin, pas de parcelles individuelles, toutes les plantations sont collectives, même les récoltes. « Chacun ramène des graines, et on partage. »

Cap sur les nouveautés

Pour les responsables, ces deux premières années ont été une « phase de test ». Beaucoup des membres n’avaient pas la main verte au départ. Alors, ces jardiniers en herbe ont dû apprendre au fur et à mesure... « Non sans difficulté », dixit Érika.

Les enseignements étaient pourtant simples : une parcelle de terrain demande de l’entretien, il ne faut jamais la laisser plus de deux semaines à l’abandon, sinon la nature reprend vite ses droits. « Oui mais on a aussi notre emploi du temps à côté ! » se défend la présidente de l’association.

Fête de la soupe

« Heureusement, on a désormais Malek pour le côté technique. Il est animateur dans un espace naturel, son aide nous est précieuse » , poursuit-elle. Ces deux premières saisons de test achevées, les responsables veulent rêver à de meilleurs printemps, avec bon nombre de nouveautés. La culture en tête. Érika pense surtout à attirer plus de membres en faisant parler du Poteau rose. « Nous avons déjà participé à plusieurs événements culturels de la métropole, mais pourquoi pas imaginer nos propres manifestations. Je pense à une fête de la soupe avec les légumes que nous avons récoltés et que l’on partagerait avec le quartier. » Le jardin en lui-même devrait faire l’objet de quelques réaménagements, pour être plus « fonctionnel ». Changements au niveau de l’agencement des semis, déplacement d’outils, et surtout « redonner quelques coups de peinture au bambou, pour qu’il ressemble vraiment à un poteau rose ».

ÉCLAIRAGE

Le Poteau rose toujours là dans trois ans. L’association avait des craintes sur l’avenir du jardin. Le terrain, propriété de la communauté urbaine de Lille, ne lui est cédé que pour une durée de cinq ans. « Dans trois ans, on ne sait pas ce qui va se passer, on a entendu parler d’un projet d’école »,explique Érika Vaury. Aujourd’hui, André Laurent, l’adjoint à l’environnement, veut mettre fin à toute rumeur : « Le Poteau rose restera là où il est. » Il y a bien un projet de déménagement du collège Léon Blum, mais il se fera dans les environs du second parking de la faculté Lille 3. « Il y a actuellement une demande de modification du plan local d’urbanisme, confie l’adjoint. Le terrain qui est en "zone U" va passer en "JF". » Traduction pour ceux qui sont perdus : le terrain qui est considéré comme zone urbanisable va être classé en « jardins familiaux ». Ainsi, aucune construction ne viendra remplacer les parcelles de tomates, carottes et autres légumes. « Il n’y a aucune crainte à avoir, le jardin du Poteau Rose a de beaux jours devant lui », conclut André Laurent. M.B.