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dimanche 01.06.2008, 04:48 - La Voix du Nord

Des petits coins de nature à cultiver en ville


| JARDINS PARTAGÉS |

Cachés au beau milieu des quartiers, les jardins partagés ont fleuri à Lille ces dernières années. Ces coins de verdure offrent aux habitants une respiration dont certains ne voudraient plus se passer, que ce soit pour cultiver un potager ou simplement se délasser. Petit tour dans ces endroits retirés, qu’ils soient communautaires ou ouvriers.

PAR CÉCILE DESCAMPIAUX

lille@lavoixdunord.fr Au premier regard, rien ne sort de l’ordinaire rue de l’Hôpital-Saint-Roch. Coincée entre la rue Jules-Guesde et la Maison folie, l’allée recèle pourtant un trésor de verdure : le jardin communautaire de Wazemmes. Un espace rempli d’herbes folles où il fait bon se promener sous les charmilles. Nouria est venue s’y balader avec sa fille d’1 an. « Ce n’était pas un besoin pour moi d’accéder à un jardin, mais avec la petite... », les parcs publics, avec les saletés qui traînent, lui semblent moins propices. Elle fait partie depuis peu des « habitants-jardiniers » qui gèrent ensemble l’espace empli de criquets, de grenouilles rousses, de crapauds... « Ça change de la street culture », apprécie-t-elle. Et pourtant... Le principe des jardins communautaires a été mis en place à New York, où ils fonctionnent par communauté. Les Porto-Ricains ont leur jardin, les Mexicains aussi... Lille est la première ville en France à avoir repris le concept, voilà onze ans, par le biais de l’association les AJOnc. Claude Pruvost, son président, explique que ces jardins « naissent de la volonté des habitants, autant que des terrains en friche dénichés et disponibles ». Contrairement aux jardins ouvriers - devenus familiaux après-guerre -, aucune parcelle individuelle n’est attribuée et les légumes cultivés sont partagés.

Pas sûr que Daniel apprécierait cette formule... Depuis vingt ans, il entretient sa parcelle dans le jardin familial du bois de Boulogne. Comme il ne travaille pas, il vient chaque jour pour « désherber, sinon, y’aurait plus rien vite fait » et donner à manger à ses pigeons, poules et canards. Il a donc régulièrement des oeufs frais. Et en été, son potager lui permet de ne pas acheter de légumes. Mais cela n’est pas valable dans tous les jardins ouvriers lillois, où les surfaces sont plus petites. Le jardinage relève alors plus du loisir.

Plus de parcelles

Pour obtenir ses haricots verts ou au beurre, ses petits pois, radis, pommes de terre... Daniel investit entre 100 et 200 E par an dans les graines et plants. « Les meilleurs, on les trouve à la ferme d’Hellemmes, mais c’est trop cher. » Il va donc dans une grande enseigne spécialisée de Seclin. Il n’y achète que peu de produits phytosanitaires et préfère la cendre de bois pour faire fuir ses bêtes noires, les limaces.

À la ville, on avoue que l’idée de créer de nouveaux jardins et d’agrandir certaines parcelles fait son chemin. À Lille-Sud notamment, avec le programme de rénovation urbaine. « C’est vraiment un bon moyen de sensibiliser les gens à l’environnement... » Autant que de réimplanter la biodiversité en ville et de favoriser les rapprochements entre habitants. •