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Assemblée Générale 2006

Rapport moral 2005


2005, année charnière pour l’association les AJOnc entre une progression du nombre de jardins communautaires alliée à un optimum de salariés en capacité d’aider les groupes d’habitants à développer les jardins communautaires et une gestion de la diminution des aides publiques dans le domaine de la protection de l’environnement, de la culture, de l’aide sociale.

Tout d’abord, il est important de noter que les AJOnc restent sont et deviennent un lieu de discussion, de confrontation d’opinions de décisions avec la méthode de prise de décision au consensus. Le temps est à la fois l’alliée et l’ennemi de cette dynamique (qui est parfois vue comme une procédure) adoptée par l’association. La prise de décision au consensus, le respect du principe de subsidiarité qui donne théoriquement plein droit aux groupes de jardins communautaires pour assurer la meilleure politique concernant leurs jardins, l’articulation au fonctionnement fédérateur d’un réseau de jardins communautaires, réseau lui-même en expansion avec l’arrivée de nouveaux groupes : avouons-nous que cela est difficile à gérer, à expérimenter ! Ce bilan moral est l’exemple même d’une entorse à notre fonctionnement dû aux impératifs de temps donnés par nos financeurs. Il sera donc postérieurement voté et amendé par l’assemblée générale des AJOnc après avoir été donné à nos financeurs !

Le conseil d’administration des AJOnc, toujours composé de représentant-es des groupes des jardins communautaires a beaucoup fonctionné et œuvré cette année. Il a mis en place des réflexions et débuts d’actions dont on devrait voir les fruits en 2006 et lors des années à venir.

Nous avons géré la fin d’un emploi aidé en choisissant un des scénarios que nous avions élaborés, celui de licencier un des animateurs des jardins communautaires afin de maintenir l’équilibre financier de l’association. C’est « un moindre mal ».

Parallèlement à cela, nous avons accéléré le processus d’autonomie des groupes d’habitants des jardins communautaires par nécessité donc mais aussi dans la lignée des statuts de l’association.

La mise en réseau des jardins communautaires s’est aussi accélérée, elle s’est concrètement manifestée par le festival des jardins communautaires et par des échanges solidaires accrus entre jardins.

De cinq salariés en 2004 à quatre en 2005, trois en 2006 et certainement deux en 2007, comment l’association peut remplir les missions qu’elles se donne tout en répondant parfaitement aux exigences des partenaires financeurs ? Mission impossible avec moins de moyens pour toujours plus de résultats…

Notre réponse face à ce dilemme est notre participation au collectif « assodasso » qui interpelle, au-delà des corporatismes, les pouvoirs publics et le public sur la diminution des financements des secteurs « non rentables » du point de vue de l’économie financière. L’hécatombe des associations qui avaient souvent aussi une fonction saine de contre-pouvoir, une voix différente et hors des sphères politiciennes, a commencé.

Nous recherchons dans le domaine des activités pédagogiques des moyens supplémentaires. Les jardins communautaires sont des supports pédagogiques très intéressants. Mais ils restent sous exploités malgré les efforts de l’animatrice des AJOnc, aidée de stagiaires bénévoles en éducation à l’environnement, qui conçoivent des prestations envers des groupes d’enfants. Nous avons aussi en 2005 exporté notre savoir faire vers une école très volontaire en matière d’éducation à l’environnement - le groupe scolaire Cornette à Lille -Fives. Mais ces activités sont limitées par manque de professionnels.

En 2005, la discussion et les jeux d’acteurs autour du jardin comme une aut’terre forment un cas d’école pour les AJOnc. Tout en étant une association subventionnée par la ville de Lille, l’association, grâce à des dialogues démocratiques internes, maintient le projet d’un second jardin communautaire à Moulins sur la dernière friche du quartier, une implantation en cours qui est loin d’être souhaitée par une partie des élus de la ville qui pourtant accompagnent l’évolution de l’association depuis plusieurs années et connaissent notre pragmatisme.

Nous considérons que ce jardin vient s’adjoindre -et non s’opposer- à un renouvellement urbain par sa capacité à intégrer de nouveaux habitants dans un quartier que, de plus, les AJOnc connaissent bien. Le quartier de Moulins est le siège de leur association et le premier jardin communautaire y a vu le jour et y est connu, sinon reconnu.

Ce « cas d’école » pour les AJOnc questionne sur la reconnaissance des jardins communautaires par les représentants du peuple, sur la contribution des jardins communautaires au « lien social » et à l’amélioration de la qualité de vie, sur la durabilité des politiques urbaines au delà des opportunités budgétaires (existantes ou déficientes).

Les jardins communautaires en ville ont, depuis six ans de présence sur le terrain, fait leurs preuves en matière de lien social : tout bonnement parce qu’ils perdurent face aux difficultés de détérioration du « climat social », appellation éthérée que l’on touche pourtant très concrètement dans les jardins communautaires. Avec un appui moindre de salariés, les groupes d’habitants ont à gérer des situations que souvent seuls des travailleurs sociaux connaissent. Avec une espèce de devoir à tenir un projet généreux, ouvert au plus grand nombre, ils se retrouvent confrontés à des personnes qui ne mettent pas en avant, pour diverses raisons, des notions de générosité, de gentillesse, d’ouverture et de tolérance. Les jardins communautaires ont été décrétés comme lieux d’éducation populaire dès leur création, les moyens d’assurer cette mission que nous leur avons alloués sont de plus en plus restreints.

Pourtant, il faut encore souligner le fait que les projets de jardin durent, s’ancrent, créent de nouveaux espoirs, renouvellent des dynamiques entre habitants, anciens et nouveaux sur les quartiers.Le développement de la notion de mise en réseau des jardins communautaires a permis d’accroître la solidarité face à des évènements difficiles.

Rendons-nous hommage des actions que nous menons au sein des jardins communautaires. Des actions non quantifiées, hélas, mais qui deviennent qu’on le veuille consciemment ou non, car le fond de l’air du climat social étant de plus en plus malsain, des actes militants.

C’est un acte militant que d’aller vers les autres, leurs différences, de les respecter, de poser des limites, des interdits face à de la violence, du mépris.

C’est un acte militant de s’occuper d’un potager sur des sols pollués en voulant aller au bout d’une démarche prenant conscience de l’état global de la planète, de ne pas cacher cette pollution mais d’en faire une pédagogie sur le pire, héritage de la société industrielle.

C’est un acte militant que d’être habitant actif dans sa cité, d’aller à la rencontre des autres.