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Accueil > Le Réseau > 4 - L’Écho des brouettes > L’Echo des brouettes, n° 7 (2007)

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édito


Quoi de plus naturel, dans ce premier numéro de 2007, que de faire le bilan de l’année écoulée et d’envisager nos perspectives futures ?

D’abord, remerciements aux administrateurs qui durant 2006 ont déployé une réelle énergie et se sont impliqués dans les activités de notre association pour le développement de celle-ci et pour le bénéfice de tous, et à l’équipe salariée qui, réduite à Violaine et René, a dû ne pas ménager sa peine pour gérer et faire vivre au quotidien le réseau AJOnc et travailler à l’émergence et à l’accompagnement de nouveaux jardins.

Il est courant de dire de chaque année qu’elle fut une année « charnière ». Personnellement je me représente la chose différemment. Une charnière aide à ouvrir (ou fermer !) une porte. Les AJOnc ont ouvert la leur depuis 10 ans et chaque année qui passe nous grimpons une marche supplémentaire qui, nous espérons, nous conduira sur le palier d’un monde du mieux vivre ensemble en harmonie avec notre planète Terre, notre seul et unique jardin Communautaire.

Courant 2006 nous avons attaqué une marche particulièrement importante pour le développement des AJOnc.

Dans les faits ceci s’est traduit par l’accompagnement à l’installation ou au démarrage de jardins hors métropole (Escaudain, Rosult…), par la concrétisation d’un projet éducatif ayant pour supports les jardins communautaires, par l’agrandissement et la rénovation de notre local rue Montaigne, plus apte ainsi à répondre aux nécessités engendrées par ces évolutions et par l’embauche début 2007 de deux nouveaux animateurs. Reste maintenant à franchir cette marche. Il n’existe réellement aucune impossibilité de le tenter, mais quelques incertitudes quant au succès de la tentative.

Aucun pessimisme dans cette affirmation, rien que le constat de devoir faire mieux et plus, souvent sur sollicitation des financeurs publics, avec des financements plutôt orientés à la baisse et parfois remis en cause.

Le contexte politique actuel n’est par ailleurs pas fait pour nous rassurer et il est à craindre que l’intérêt soudain de la classe politique pour le développement durable, la lutte contre le réchauffement planétaire et la protection de la nature ne soit qu’argutie électorale.

D’autre part, soyons conscients qu’aujourd’hui la décentralisation, le désengagement de l’État, la montée en puissance des régions et la volonté grandissante des départements influent sur les modes et choix d’attribution des financements aux associations.

Nous pouvons le déplorer, mais c’est un fait, l’argent est un des paramètres importants qui conditionne (tout au moins sous sa forme actuelle) l’existence de notre association.

Sans financement, pas de salariés. Sans salariés… (je vous laisse le soin de tirer les conséquences !)

Sommes nous pour autant totalement démunis face à nos financeurs ? Pas tout à fait, car l’autre paramètre important dont dépend notre viabilité c’est nous les habitants jardiniers et habitants de nos villes, nous les utilisateurs des jardins communautaires et autres jardins partagés, qui en faisons des lieux de rencontre, d’échange, d’écoute, de partage, de citoyenneté. Dans nos quartiers, dans ces espaces que nous avons préservés du tout béton, nous réapprenons à vivre ensemble dans le respect de chacun et de l’environnement.

Cela implique des devoirs mais aussi beaucoup de satisfactions et de retours. L’équilibre de cet environnement fragile que constituent la réflexion et l’action collective est au bénéfice de chacun et de tous. Il se construit, s’entretient au quotidien.

Ensemble, il nous faut provoquer un effet démultiplicateur et faire de nos jardins des lieux incontournables de la vie de nos quartiers, de nos cités. En ce sens je crois sincèrement que ce développement ne s’accomplira pleinement qu’en liaison efficace avec des partenaires, associatifs mais également institutionnels, dans tous les quartiers.

Il nous reste beaucoup à faire et 2007 sera n’en doutons pas une année chargée et riche.

Nous aurons à nous impliquer en conséquence, afin que les AJOnc puissent franchir de nouvelles marches.

Quelque soit ses moyens ou ses connaissances chacun peut apporter sa richesse - non en fait doit apporter sa richesse - et ainsi contribuer à faire que les AJOnc restent ce qu’ils sont aujourd’hui : une utopie du possible, un exemple de projet commun et partagé.

Claude Pruvot, Président des AJOnc