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Accueil > Le Réseau > 4 - L’Écho des brouettes > L’Écho des brouettes, n° 2 (2003)

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Plante


donne-moi ton nom, je te dirai qui tu es et d’où tu viens !

Si les plantes pouvaient parler, elle nous raconteraient leurs extraordinaires histoires, leur passé mystérieux, leurs origines lointaines dans le temps et dans l’espace ! Elles nous narreraient leurs transhumances, leurs invasions, transportées par l’eau, le vent, l’animal, l’homme au travers du grand Jardin Planétaire !

Mais fi de loghorrée à leur propos ! On ne peut parler à leur place mais il faut bien dire quelque chose sur elles puisqu’elles restent muettes. Je voudrais dire que les habitants jardiniers doivent faire un effort pour faire parler les plantes. Je voudrais aussi dire que de les appeler simplement par leur nom est déjà important mais que cela ne suffit pas pour renseigner tout à chacun sur leur origine, leur passé et pourquoi aujourd’hui elles s’offrent à nos observations dans les jardins communautaires.

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la rose du bon plan

Le nom de la rose

En botanique, on a l’habitude de donner aux plantes un nom scientifique latin, ce qui donne par exemple : Carpinus betulus L pour le charme, avec un « C » majuscule pour le genre, un « b » minuscule pour l’espèce et un « L » majuscule pour le scientifique qui a inventorié et donné le nom latin à cette plante, en l’occurrence M. Carl von Linné qui, malgré son nom, est … suédois ! Ce charmant nom latin est un moyen universel (ou au moins terrien) de reconnaître la plante que l’on a devant soi et par là de connaître, quelle que soit la langue que l’on pratique, ses propriétés gastronomiques, médicinales, domestiques, écologiques,… Mais ce nom latin ne parle pas à tout le monde et on se doit d’y adjoindre ce que l’on appelle le nom commun. Il peut être parfois lyrique : « amour en cage » ou multiple : « alkékenge, cerise de terre, coqueret du Pérou », comme pour le Physalis sp. (sp. signifie que l’on ne précise pas l’espèce). Ce nom peut aussi renseigner sur l’origine de la plante ou sur une de ses propriétés (« Caille-lait » pour le gaillet vrai - Gallium verum L.).

Rosa, rosa, rosam,…

Mais le mieux, le chic du chic serait de connaître le nom vernaculaire, le nom usuel d’une espèce dans son pays d’origine ! Car si les plantes se fichent bien des frontières humaines, l’homme n’hésite pas à changer leur identité sitôt la frontière passée. Ne serait-ce pas enrichissant de connaître le véritable nom de la pomme de terre ou du maïs pour ces deux plantes des Amériques, certainement appréciées des dieux dans ces contrées là ? Cela pourrait redorer le blason de la patate… Tout en ne versant pas dans son adoration !

C’est un appauvrissement de perdre ainsi le nom d’origine de la plante. On peut parler de biodiversité des espèces végétales sur les jardins communautaires. C’est un des objectifs des séances de formation collective, dont l’une a pour titre « formation à la botanique et à la biodiversité ». Parlons aussi de biodiversité culturelle ! C’est aussi un objectif des jardins communautaires de créer ce que l’on appelle du « lien social » : que des gens différents et/ou qui ne se connaissent pas, se rencontrent, quoi ! Alors qu’attend-on pour mettre en évidence toutes les espèces végétales présentes sur les jardins communautaires en des panneaux durables et muticolores, multilingues et multiculturels, à l’image de ses habitants-jardiniers ? Certainement pas que elles ou bien ses habitants-jardiniers disparaissent ! On pourrait, par exemple, avoir sur le jardin des (re)trouvailles des panneaux d’interpétation des zones du jardin et des panneaux nommant les espèces végétales en latin, arabe, polonais, néerlandais, anglais et français… Ce serait un bon début !

Si vous êtes intéressés par participer à la création d’un système de panneaux pour les jardins communautaires, n’hésitez pas à me contacter aux AJOnc (03 28 550 330).

Jérôme Segard

Vous pouvez suivre le cycle annuel de « formations collectives à la botanique, la biodiversité et l’écologie » proposé par les AJOnc, de mars à octobre sur les jardins communautaires. Ces notions vous sembleront alors plus facile !
Vous pouvez aussi consulter le calendrier des formations en Nord Pas-de-Calais édité par « La Maison du jardin » (gratuit au 03 20 17 11 77).